Qui étaient les clients ?
D'abord les communautés religieuses, les pensionnats, les hôpitaux, les bourgeois, les commerçants, les artisans (surtout les canuts), puis plus tard, les ouvriers. Une fidélité et des relations sincères s'instaurent entre clients et blanchisseurs, et ce, quelquefois sur plusieurs générations.


Quelques commentaires sur la vie de famille du blanchisseur.
C'était un métier dur, pénible, toujours exposé aux intempéries : le froid (casser la glace en hiver), la bise (faire les ourlets aux draps à l'étendage), l'humidité, la chaleur, le poids du linge mouillé...

Elle réalisait toutes les activités ménagères et intervenait dans presque toutes les taches du métier.
C'était environ 14 heures de labeur par jour. Les enfants, après l'école et les grands-parents aidaient à ce travail, sans oublier les ouvriers journaliers et les repasseuses à domicile. Cette branche professionnelle a représenté pendant des décennies plusieurs milliers d'emplois dans l'ouest lyonnais. La livraison était une journée longue et harassante mais aussi de sortie et tard le soir, sur le chemin du retour, le blanchisseur somnolait. Le cheval savait s'arrêter devant le café préféré de son maître, lequel en profitait pour déguster un dernier verre de Gamay. Certains soirs, oubliant d'allumer sa lanterne à la tombée de la nuit, il se faisait verbaliser au Tupinier par la maréchaussée.


Pour gagner du temps, les femmes étaient déjà remontées en fin d'après-midi par le petit train. Les distractions étaient rares et consistaient essentiellement à se retrouver le dimanche après la messe pour jouer aux cartes et l'après-midi, aux boules dans les cafés de la commune. Nombreux étaient ceux qui jouaient d'un instrument et participaient aux concerts et au festival de musique donnés par l'importante fanfare à Grézieu ou aux alentours. Il y avait aussi la "fête à cochon" et pour les vendanges. Au début du XX° siècle, le métier évoluât avec l'arrivée de l'électricité, de l'eau du réseau, de la chaudière à vapeur, du tambour américain, de l'essoreuse...
Mais également, la vulgarisation de la machine à laver de ménage, la création des nouveaux textiles (synthétiques), l'apparition sur le marché de produits à usage unique (mouchoirs en papier, couches pour bébés et serviettes hygiéniques jetables,...) eurent petit à petit, raison de cet artisanat. De nombreux groupes visitent le musée, essentiellement en semaine ; écoles, collèges, retraités, groupes sociaux-professionnels, encadrants et patients d'établissements hospitaliers, particuliers...
Ces rencontres sont toujours passionnantes et enrichissantes et permettent de communiquer cette mémoire du passé.

Aujourd'hui, la Maison du blanchisseur est implantée près de la maison Allouis (propriété de la commune). Tous les professionnels de la Buye qui souhaitent faire partager les plaisirs et les difficultés de leur activité, ou les passionnés du respect de la tradition et de la mémoire de nos villages sont invités à venir animer ce nouveau musée. L'association recherche également tous documents, photos, cartes postales, prospectus... ainsi que tous objets, outils et ustensiles se rapportant aux différentes activités exercées (agriculture, viticulture, artisanat, blanchisserie, fêtes diverses...)

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